Irak, la frontière interdite

Irak, la frontière interdite

Les kolbars, littéralement en kurde « ceux qui portent sur leur dos », risquent leur vie en traversant une frontière : celle qui sépare l’Iran de l’Irak. Quand ils ne meurent pas de froid, de chute ou d’explosion de mines, ils sont la cible des garde-frontières. En 2020, 61 kolbars ont été tués, 181 autres blessés, mutilés ou torturés. Leur crime : avoir fait transiter illégalement des télévisions, des aspirateurs, des cigarettes ou parfois de l’alcool en Iran. Une activité dangereuse et tout sauf marginale : ils seraient une centaine de milliers de Kurdes à la pratiquer pour survivre dans un pays qui les prive de travail. Depuis un village irakien situé à quelques kilomètres de la frontière, des contrebandiers témoignent de leurs efforts pour échapper au chômage et à la misère dans laquelle l’Iran les maintient prisonniers.

 

Un reportage de Chloé Rémond

Images de Mohammad Shaikhow

Fixeur et traducteur : Halan Akoiy